ÉVALUATION DE RISQUE-PAYS • CMR-2026-002 • CONFIDENTIELENFR

Cameroun : évaluation du risque-pays

Le Cameroun entre dans l'une des périodes politiques les plus sensibles de son histoire contemporaine. Le principal risque à court terme ne réside pas dans une contestation populaire massive, mais dans une fragmentation progressive des élites du pouvoir.

Numéro CMR-2026-002 Date 13 juin 2026 Classification Confidentiel
Résumé exécutif

Trois foyers de risque majeurs convergent actuellement : une lutte de succession de plus en plus visible autour du président Paul Biya ; la persistance de multiples crises sécuritaires ; et un marasme économique aggravé par les incertitudes politiques. Les récentes réformes constitutionnelles liées à la succession ont ravivé les rivalités internes et les spéculations sur l'après-Biya.

Risque de succession politique

Des centres de pouvoir concurrents

À 93 ans, le président Paul Biya demeure la clé de voûte du système politique camerounais. La réintroduction d'un poste de vice-président nommé par le chef de l'État a profondément modifié les mécanismes de succession. Plusieurs centres de pouvoir semblent en compétition : le cercle présidentiel ; les hauts responsables de la Présidence ; les élites sécuritaires et militaires ; les barons historiques du régime ; et les nouveaux acteurs cherchant à se positionner pour l'après-Biya. La question successorale constitue aujourd'hui le principal enjeu stratégique à Yaoundé.

Évaluation : risque élevé de transition politique
Environnement sécuritaire

Deux fronts, l'un et l'autre non résolus

Crise anglophone

Non résolue après près d'une décennie

Malgré les opérations militaires, les groupes séparatistes conservent des capacités de nuisance significatives contre les forces de sécurité, les infrastructures publiques et les populations civiles. Le conflit continue de peser sur l'activité économique des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest tout en fragilisant la légitimité de l'État.

Risque : Élevé
Boko Haram et Extrême-Nord

Une menace structurelle persistante

L'Extrême-Nord reste confronté à la menace de Boko Haram et des groupes affiliés opérant dans le bassin du Lac Tchad. Si l'intensité des attaques a diminué par rapport aux années précédentes, la menace demeure structurelle et persistante.

Risque : Élevé

Stabilité intérieure : les tensions politiques consécutives aux élections récentes, combinées aux incertitudes successorales, augmentent les risques de tensions localisées, de fractures au sein des élites et de paralysie institutionnelle.

Évaluation économique

Résiliente, mais structurellement contrainte

L'économie camerounaise a fait preuve d'une certaine résilience mais demeure confrontée à de nombreuses fragilités structurelles : ralentissement de la croissance, pression sur les finances publiques, baisse des recettes pétrolières et incertitudes politiques. Le FMI prévoit une croissance d'environ 3,3 % en 2026, mais souligne l'existence de risques importants liés à la sécurité, la dette et l'environnement régional. Contraintes principales : chômage et sous-emploi des jeunes, faiblesse de la transformation industrielle, déficits d'infrastructures, problèmes de gouvernance, accès limité au financement et impact économique des crises sécuritaires.

Risque économique : Élevé
Scénarios stratégiques

2026-2028

45%

TRANSITION CONTRÔLÉE

Le régime parvient à organiser une succession progressive tout en préservant la cohésion des institutions et des forces de sécurité.

35%

CONFLIT ENTRE FACTIONS DU POUVOIR

Les rivalités entre clans et réseaux de pouvoir s'intensifient, provoquant une instabilité politique prolongée sans effondrement institutionnel.

20%

CRISE POLITIQUE MAJEURE

Une succession brutale ou contestée déclenche une crise politique nationale accompagnée de tensions sécuritaires accrues.

Évaluation stratégique de AHOMF

La principale vulnérabilité du Cameroun n'est plus uniquement économique ou sécuritaire. Le défi stratégique central est désormais la succession politique. L'interaction entre les rivalités successorales, les crises sécuritaires non résolues et la stagnation économique crée un environnement potentiellement déstabilisateur pour la période 2026-2028.

Évaluation globale du risque national : Élevé
Facteurs critiques à surveiller

Six prochains mois

Désignation éventuelle d'un vice-président ou d'un dauphin politiqueCritique
Évolution des rivalités au sein du RDPCCritique
Intensité de la crise anglophoneÉlevé
Situation sécuritaire dans l'Extrême-NordÉlevé
Tensions sociales liées au coût de la vieÉlevé
Capacité du gouvernement à maintenir la stabilité budgétaire et institutionnelleÉlevé
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